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Voyage en Californie

Mai 2008


Carnet de voyage de Djeynee
1ère semaine : Sacramento - Hot Pot Studio, Unmata
2ème semaine : Sebastopol  - Tribal Festival 8
Accès Mai 2009
Mardi 6 mai 2008

Montpellier – Sacramento : début du voyage
Le trajet Montpellier-Sacramento s’est plutôt bien passé. Comme tout voyage qui se respecte, quelques petits incidents sont venus l’agrémenter.

Mon itinéraire est le suivant :

Montpellier-Paris (sortie à Paris pour la cigarette du condamné, 8h de vol m’attendent sans fumer : je prends donc ma dose !).

Paris – Houston : étrange, on ne prend pas le plus court chemin qui serait la traversée en ligne droite de l’Atlantique. Je me prenais déjà pour Hémingway ! Non, nous survolons l’Angleterre ! Mais où allons nous donc ? Puis nous passons au-dessus du Groenland : magnifique cette mer craquelée par les glaces. Nous survolons l’Alaska puis le Canada. Je surveille les eaux d’en haut, au cas où j’apercevrais un ours blanc ou une baleine, mais non, rien à l’horizon. Les terres sont blanches et froides (je suppose). Puis c’est la zone des grands lacs. Ah ça, pour être grands, ils sont grands ! Ce sont de véritables mers intérieures. Et puis, nous piquons droit vers le Sud en direction du Texas et de Houston. Les paysages vu d’en haut sont étranges : de longues lignes droites lacèrent les terres. Sont-ce des autoroutes ? Des canaux ? Je ne peux discerner de si hauts. Tout est rectiligne. L’homme est passé par là. Aux abords de Houston, j’aperçois des lotissements. Très curieux : ça me fait penser à des mamelons posés au sol. Une petite route serpente et de chaque côté des maisons semblables. J’imagine effectivement les scènes des séries américaines genre Desperate Housewives. L’avion se pose à Houston. Ma première obsession : sortir fumer une (ou deux) cigarette avant de reprendre l’avion vers Sacramento. Mais avant ça, je dois récupérer ma valise. Et bien… pas de valise ! Et non ! Ca c’est le truc bateau qui vous arrive en voyage. Je m’en doutais ! Bof, no panic ! Un gentil monsieur me dit qu’elle arrivera toute seule à Sacramento. OK, j’ai assez perdu de temps comme ça, plus qu’une heure avant mon dernier envol, je dois sortir fumer. Je passe donc les portiques de sécurité pour me trouver à l’extérieur de l’aéroport. Waow ! La chaleur est étouffante. Je suis donc au Texas, ah oui tiens, voilà un cow-boy qui passe devant moi. Bof, il n’y en n’a pas tant que ça (du moins dans l’aéroport). Après 2 cigarettes fumer coup sur coup, les jambes qui flajolent et le cœur qui palpite à fond, je rentre à nouveau dans le terminal. Du « A » au « C », c’est tellement grand que j’emprunte un ravissant métro souterrain automatique. Je repasse donc les contrôles de douanes et là : l’un de mes sacs apparaît suspect dans la « boiboitte ». « Mon dieu » me dis-je « qu’ai-je de si grave dans ce sac, je ne me souviens pas ». La policière sort héroïquement une bouteille de Côtes du Rhône que j’avais acheté à Paris (pour déguster avec le foie gras) : « It’s too big », me dit-elle. « Mettez-le dans votre valise ! ». Ah ah ah !!! Je rigole, très drôle, JE N’AI PLUS DE VALISE ! « Ok » dis-je, princesse que je suis ! « Gardez-la ». Et bien le policier qui la tenait dans les mains arbora un grand et magnifique sourire. J’aurais au moins fait un heureux aujourd’hui !

Houston – Sacramento : Je m’envole donc vers Sacramento, plus que 2h d’avion et je suis à Hot Spot Studio. Mais c’était sans compter le décalage horaire, en fait j’en prends encore pour 4h ! Texas – Californie = 4h ! Mon Dieu que ce pays est grand. Trop nuageux pour que je puisse détailler le relief. Et puis je sombre dans un sommeil bien mérité. Ca fait 15h maintenant que je n’ai pas quitté le soleil, merveilleux ! Arrivé au dessus de la Californie j’aperçois une ENOOOOOOOOOORME chaîne montagneuse. Je suppose que ce sont les célèbres « Rocheuses ». Mais alors en Californie il y a la mer et la montagne ? Je ne le savais pas. Posé à Sacramento, je sors très vite du terminal puisque c’est un vol interne : trop cool, la prochaine cigarette n’est pas loin ! En bas de l’escalator, 2 adorables Tatooed girl m’attendent avec un joli petit panneau « Gnee Cute ! » : Julie et Rebecca. Ben, c’est moi ! Voilà, je suis arrivée. Amy n’est pas là, elle répète avec les filles de Unmata. Après avoir réglé le petit problème de la valise (qui reviendra toute seule dans quelques heures au studio), nous prenons la route. Waow ! Rebecca conduit un coupé sport ! Ah ben ça y est ! Je suis aux « States » !. Nous arrivons enfin au studio de Amy, la porte est ouverte et la troupe danse ! Super ! Je retrouve Kari et fait la connaissance de Shelly et Sarah. Et puis, il y a aussi Saskia de la Troupe Zaghareet du Canada. Nous serons ensemble dans l’aventure et demain une autre amie allemande arrive. C’est l’INTERNATIONAL HOT SPOT STUDIO. Tout ce petit monde rentre chez lui et nous voilà rapidement seules car Amy a encore une réunion et puis elle dormira chez son amie. Le studio est à nous !

Comment décrire cet endroit ? C’est un loft. Je prendrais une photo (ou plusieurs même), Au mur des tonnes de photos, tableaux (œuvres d’Amy et d’amis) et des miroirs, au sol des tapis et des coussins. Au fond le coin cuisine, en haut de l’escalier de bois, la mezzanine où dort THE BOSS et puis à côté la salle de bain. Je l’ai vu le soir, il parait que dans la journée ça ne désempli pas. Je verrais ça demain.
Je fais donc la connaissance de ma co-locataire. C’est drôle, elle est d’origine hollandaise et son père a travaillé à Java. Elle est elle-même allé là-bas (moi j’y ai vécu 2 ans). Nous échangeons donc nos souvenirs. C’est curieux comme on trouve toujours des points communs avec les personnes que l’on rencontre en voyage. Quel merveilleux moyen de faire connaissance !
Maintenant, il faut que je dorme. Amy a évoqué le programme de demain : il est chargé ! Yoga, lunch dehors (je ne me souviens plus où), suivront 3 cours avec Amy et ce soir… je ne le sais plus non plus ! Une bonne douche, ça y est ma valise est là ! Je peux enfin me rafraichir, me changer et faire dodo. Sur un matelas, sac de couchage dans le studio : que du bonheur !
Hot Pot Studio - Sacramento

Hot Pot Studio

Amy au travail dans le studio

Hot pot

Saskia - Djeynee - Amy
Manca

Mercredi 7 mai 2008

Je suis réveillée à 5h du matin ! OK, la journée va être longue ! J’avale 2 cafetières entière avant de pouvoir bouger. Je n’ai pas pu le faire hier, mais aujourd’hui je dois absolument appeler ma famille pour les rassurer.

Je pars donc en quête d’une cabine téléphonique. Les rues de Sacramento sont calmes : il est 6h du matin. Je tourne un moment dans le quartier avant de trouver un piéton à qui demander mon information. J’aperçois au loin un homme d’âge mûr, look très «british ». Je me dis « voilà un homme qui pourra me renseigner : moi une pauvre femme étrangère, propre sur elle, perdue dans cette grande ville ». Je l’aborde donc avec mon plus chaleureux sourire. « Excusez-moi Monsieur, pouvez-vous m’aider…. » Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, même pas celui de prononcer « cabine téléphonique », qu’il dodeline de la tête en signe de « NON », fait 3 pas sur le côté pour m’éviter et part sans même écouter la fin de ma phrase ! Waow, sympa ici ! Je suis un peu refroidie, vais-je trouver quelqu’un qui ne pense pas que je suis en train de faire la manche ? Je continue ma route tout en répétant dans ma tête une phrase sans le : « Excusez moi Monsieur, pouvrez-vous m’aider ? ». Un autre homme s’approche, même réaction ! Mais là, j’insiste, hausse le ton en prononçant les mots magiques de « étranger », « cabine téléphonique », « famille ». Enfin, il s’arrête ! Ben voilà, c’est quand même pas sorcier d’aider son prochain. Figurez-vous qu’il a des amis dans les Landes !!! Mont de Marsan et Dax ! Dingue non !!! Nous rigolons 5 minutes et puis il m’indique enfin cette divine cabine téléphonique. Il est 14h en France, mes enfants, ma mère et mes beaux parents sont à la maison. Voilà, tout le monde est rassuré je vais pouvoir commencer ma journée le cœur léger.

J’en profite alors pour faire un tour du quartier. Toujours aussi calme. J’aurais bien bu un autre petit café dans une « Coffee Shop » mais il est trop tôt. Je rentre donc retrouver Hot Spot et Saskia. Amy n’arrive que vers 11h. Sa matinée est un peu chargée : internet, téléphone, réglage du programme du prochain « Second Saturday » : j’y danserai avec Saskia ! Second Saturday c’est une petite soirée qui a lieu à Hot Spot (ou plutôt à l’extérieur du studio) tous les second samedi du mois. Hot Spot se trouve dans un bloc de 2 bâtiments essentiellement habités par des artistes. Au cours de ces soirées, le studio est grand ouvert (par la porte du garage), les artistes exposent dans la coursive et les danseuses font quelques pas. Belle soirée en perspective. Je déteste l’idée de danser devant tout ce beau monde, moi la petite Frenchie qui « tribale » que depuis quelques années, ici, en Californie, dans la mèque du Tribal. Mais franchement, je me laisse tenté tellement je trouve ça causasse. Je ne peux refuser une telle invitation ! Même si je suis nulle, je m’en fous, je l’aurais fait !

A 11h30, cours de yoga avec Lea. Attention les yeux ! Avec 9h de décalage horaire, 15h de position assise la veille, ça va être dur dur ! Lea est comme Amy, ou Amy est comme Lea. Ce n’est pas du Hata Yoga où l’on prend le temps de respirer en profondeur sur chaque posture. Lea nous contorsionne dans tous les sens. Mes hanches souffrent un peu. Mais, ça fait du bien. Toutes ces articulations sont restées bloquées pendant tellement de temps dans les avions, elles respirent enfin.

Après ça, petite marche apéritive, vers un restaurant en compagnie de Raven (l’amie de Amy). Adorable « gamine » de 29 ans au look Hip Hop. Trop bon ce restaurant : au menu, tu composes ta salade avec 6 ingrédients au choix. Nous mangeons à la terrasse, il fait tellement beau !

Retour au studio pour un petit break. Tiens ! Lorenzo est là. Assis devant l’ordinateur. Bonjour « Low ». Mais si ! Vous le connaissez, il est sur une vidéo de Youtube. Il fait partie de Verbatim. Puis nous partons au parc pour une partie de Picke Ball. Le parc est immense et magnifique. Je croise une Ferrari, des Pontiac, des Jaguar, d’énormes Pick-up conduits par de toutes petites femmes. Mais les rues sont si calmes ! En fait, ici toutes les voitures sont automatiques, question d’environnement. C’est obligatoire. C’était donc ça ce sentiment de silence malgré la circulation, quelle bonne idée. On devrait la reprendre à notre compte. N’est-ce pas les parisiennes !!! En route, j’observe les maisons. Pas une ne se ressemble. Ici, il n’y a pas de norme. Elles sont énormes ces maisons. Très british, très « Louisianne ». Les rues sont bordés d’arbres magnifiques. Sacramento est une ville verte.

Revenons au parc. Il est immense. Aire de pique-nique, aire de jeux, plantés d’arbres majestueux. Une kyrielle d’écureuils courent d’arbres en arbres. Trop mignons. En piste pour cette partie de picke-ball. On y joue sur la petite partie du court de tennis. Les raquettes, en bois, ressemblent à celle du jokari. La balle est ronde (bien sûr), en plastique dur, avec des trous. Bon, je me fais battre par Lea mais je bats Saskia : mon honneur est sauf ! En même temps, je suis en sandale ouverte. Je suis sûre qu’avec une bonne paire de tennis j’aurais battu tout le monde !

Nous rentrons à nouveau au studio. Puis nous allons manger un « dézerte », autrement dit « dessert ». Et bien ça y est, j’ai mangé le premier Milk Shake de ma vie ! Yes, en Californie ! Normal non ? Bon après ça j’ai un peu du mal à bouger : lui aussi était énorme.
Et puis, je pars avec Saskia faire les boutiques. Oh malheur ! Ma carte bleue flambe ! Premier magasin : une boutique un peu Underground pour le spectacle : vêtements d’occasion, boa de toutes sortes (dont 1 magnifique en véritables plumes de coq ou faisan), tous les accessoires dont on peu rêver pour la scène : perruques de toutes les couleurs, faux cils idem, accoutrements SM. Génial. Puis nous allons dans 2 boutiques de créateurs indépendants. Alors là, je craque littéralement ! Ca y est je suis habillée pour le reste de la semaine ! Ben oui, dimanche nous devons aller faire du shopping à San Francisco avec Amy. Trooooooooooop coooooooooooool.

Vite ! Il faut rentrer. Les cours ont commencés. Le premier avec Amy, pour débutants (ça tombe bien). On voit quelques combos que je connais. Ouf, je ne suis pas trop ridicule ! Deuxième cours, avec Shelly. Débutant aussi. Elle apprend une partie d’une chorégraphie. Qu’elle ajoutera ensuite au reste déjà appris. Troisième cours : Amy. STOP ! Je suis claquée ! Je m’allonge et me repose. J’observe cette ambiance très typique du Amy’s atmosphere. Le studio est rempli de toute sorte de personnes. Les accompagnants, les élèves, les amis. Ca rentre, ça sort. Ca mange, ça boit. Ca ouvre le frigo et se sert. Ca fait la vaisselle et le ménage. Tout le monde est ici chez lui. JE SUIS AU PARADIS !
Avant chaque début de cours, les élèves s’assoient en rond autour de Amy et Shelly. La pipe circule. Petite dose de jaja avant de s’exciter. C’est un rite qui se répète avant chaque cours. Oh ! Il y a des garçons aussi qui dansent. L’un merveilleusement, l’autre…

Les cours se terminent vers 22h30. Tout le monde quitte le studio. Nous restons avec Manza qui dormira là aussi. Je la connais déjà. Nous avons fait le stage de Rachel à Berlin ensemble ! Ca fait 2 mois qu’elle était à San Francisco. Elle a passé le niveau 1 de l’école de Suhaila, pris des cours et stages avec Rachel, Fat Chance, Jill Parker. Ce week end elle va faire un intensif avec Jill Parker à SF et elle nous rejoindra ensuite sur le Tribal Fest. Quelle chance ! Elle danse trop bien.

Avant de nous coucher, nous travaillons toutes les 3 les quelques combinaisons apprises tout à l’heure. Je tombe de sommeil. Demain, il fera jour !

Un écureuil au parc




La communauté du Hot Pot Studio

Jeudi 8 mai 2008

Je suis encore sous le coup du décalage horaire. Debout à 5h du matin, ça me permet d’écrire ce petit journal sans rien perdre du reste de la journée.

Programme de la journée : matinée et début d’après midi libres, 6.30 pm stage de derbouka avec Raquy, 8. 30 show de Verbatim et Unmatta.

La matinée est studieuse. Avec Saskia nous travaillons nos combos. Pratiquant l’ATS depuis de nombreuses années, elle complète avec beaucoup de pédagogie mes graves lacunes en la matière (W bump, Double Hip Bump, Camel Dropping..). Mes filles vont pleurer en rentrant, j’ai appris tellement de truc en quelques heures que j’en ai pour plus d’une année de cours dans ma besace !!! Notre duo fonctionne très très bien, décidément cette danse est merveilleuse. Je suis là à partager des mouvements simples avec une canadienne de l’autre bout du monde et ça marche ! Nous nous apprenons mutuellement des combinaisons. Elle me prend une combinaison flamenco, je lui prends une entrée en scène de 5x8. Par ailleurs, comme je suis là avec tout mon matériel hi-fi (ordinateur, appareil photo, caméra, disque dur externe), je vais copier dans mon ordinateur les centaines de musiques que je ne cesse d’entendre dans le studio. Ici, la « matière » est ENOOOOOORME !

Différentes personnes défilent dans le studio. L’occasion pour moi de faire quelques photos, discuter. Aujourd’hui il n’y a pas de cours car la troupe danse ce soir. Amy a fondé 3 troupes : Unmatta (Amy, Shelley, Sarah, Kari, April) : les pros. Verbatim (Rebecca, Little April, Julie, Lorenzo, Lyndsy) : les semi-pro. Récemment Street Team (Natasha, Leah, Rodin, Jazzy, Serenitee, Courtney): les amateurs. Viennent ensuite tous les autres élèves. Unmatta était tellement sollicité qu’est née Verbatim, et Verbatim est maintenant également tellement sollicitée qu’est née Street Team.

En fin d’après midi, les 2 troupes sont là. Mise au point par Amy des lignes et derniers réglages de combos. Unmatta s’en va et Verbatim nous offre un mini-show en répétition. Ils sont fantastiques. Leur niveau est stupéfiant. Je ne parle pas de Lorenzo qui est carrément fascinant ! Je l’ai vu sur Youtube dans un solo que je n’ai pas aimé mais là, rien à voir : il explose ! Manza partage exactement la même impression. C’est vraiment un très bon danseur.

En route pour le stage de « dumbak ». Nous sommes 4, c’est très bien au moins on va pouvoir s’entendre. Raquy nous fait taper un « debke ». Ben dis donc, ça commence fort. Moi avec le décalage horaire, je commence légèrement à être épuisé + ma journée de travail en ATS avec Saskia qui m’a saturé de combinaison… j’ai du mal à imprimer ! Son stage est un peu complexe pour notre niveau débutant. Ensuite on tape un rythme turc à 9 temps, rien que ça !!! Bon, je fais de mon mieux.

Il est maintenant l’heure de manger véritablement. Non, ce n’est pas une légende, ici on mange à n’importe quelle heure. Plutôt du grignotage. Moi il faut que je me pose quelque part devant un bon repas, sinon je m’évanouis ! Avec Saskia, nous partons à la recherche d’un resto. Ce sera afghan. Une bonne assiette de riz avec de la viande en sauce et une belle salade de légumes frais. Waow ! Quel bonheur. Ca fait 3 jours que je n’avais pas mangé consistant.

Nous repartons au « Marilyn Sonk » écouter le concert et voir les filles danser en live. Ce soir impro totale car personne n’a répété avec le groupe. EPOUSTOUFLANT ! Ces filles sont fabuleuses. Ma mâchoire en tombe d’admiration. Je n’ai pas de mots pour transmettre mon sentiment. Quelle c….. je n’ai ni caméra ni appareil photo. Et c’est sans vous parler des costumes et du look de ces filles. Je suis supère fan.

De retour au studio, la communauté se retrouve. Nous sommes une trentaine ce soir. Le trio de Raquy and the Cavemen dormira là. Je décide que le moment est opportun pour proposer une dégusation de fromage de brebis venu tout droit de la Vallée d’Aspe et que ma gentille maman m’a ramené spécialement de Pau à Nîmes pour l’occasion. Ca fait 3 jours qu’il muri au frigo en comptant les heures de voyage. Vous voyez ce que je veux dire ? Raven a failli vomir ! Je n’avais pas rigolé comme ça depuis si longtemps. Elle évoque quelque chose comme nos « fondements », la douce impression de plonger directement dedans !! Je m’acharne sur elle (qui est par ailleurs végétarienne) et lui dit que d’autres merveilles l’attendent dans le frigo. Très dubitative Raven m’interroge sur ces doux mets français. Je ne prononce pas le mot de « foie gras » (connu même en anglais) mais traduit mot à mot le plat qui se trouve dans la boite, ça donne quelque chose comme « gras foie de canard ». Inutile de dire qu’elle n’a même pas voulu que j’ouvre la boite ! Je vous rassure, le reste de la troupe a su apprécier le fromage.

Je laisse tout ce beau monde rigoler et manger et je monte me coucher. J’en peux plus.
Amy - Djeynee - Lorenzo





Continuons donc ensemble sur les routes de Californie.

Vendredi 9 mai 2008

Il est 7h du matin et je suis sur le parking du studio avec mon café, ma cigarette et mon ordinateur en train de faire ce journal de bord ! Les passants me trouvent un peu « bizarre » ! Oui, mais dans le studio : tout le monde dort.

J’occupe mes matinées calmement à remettre en ordre mes documents de la veille : photos, vidéos, compte rendus. Je commence à extraire quelques musiques sur mon ordi : la collecte à commencee

Puis Amy arrive. Nous nous mettons d’accord pour avoir un cours avec elle toutes les trois. L’horaire étant fixé, le programme organisé, nous partons déjeûner dans un resto asiatique végétarien. Nous sommes avec Natasha et Leah. Nous sommes donc 5.

Trop nombreuses pour prendre une voiture normale, nous emprunterons le « Métro » de la troupe. Super ! Ca fait 3 jours que je lorgne cet engin et me voilà dedans. C’est une ancienne camionnette de livreur de lait entièrement refaite pour transporter les 5 amazones d’Unmatta. Intérieur très cosy, réaménagé et repeint par la maman d’Amy : meuble avec tiroirs, fauteuil à bascule, banquette. Pendu au rétroviseur, Cheeftess Coco Metro nous surveille ! L’équipée est originale. Les deux portes avant sont ouvertes, ça laisse rentrer un peu d’air. Il paraît que nous irons au Tribal Fest avec cette camionnette. Elle ne dépasse pas les 60 km/h, ça va être comique !

Au restaurant, je n’ai pas la force de me concentrer sur le menu en anglais. Amy choisira pour moi. Je me retrouve avec du tofu dans l’assiette : nouvelle expérience ! Amy me fait goûter du tofu au poisson, ah oui, on dirait vraiment du poisson ! Amy est végétarienne non pas parce qu’elle n’aime pas la viande, au contraire elle l’adore, mais simplement parce qu’elle ne veut pas cautionner le mode d’élevage industriel de nos sociétés qui rend ces animaux esclaves et malmenés. « Mais alors », lui dis-je, « sais-tu comment ils aromatisent leur tofu ? », « non » répond-elle. Ah ! No comment for me ! Il n’y a pas 3000 solutions : soit c’est synthétique (et alors bonjour le « bio »), soit c’est animal (et c’est le serpent qui se mord la queue). Bof, nous avons chacun nos incohérences.

Retour au studio. Attention les yeux, nous allons démarrer notre cours. Nous décidons de voir de petites combos à la « Unmatta ». Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, ça ressemble à :
Fais un « maya » (8 vertical) puis fais le pivoter diagonale devant droit, diagonale derrière gauche, diagonale derrière droit, diagonale devant gauche puis ajoute des 8 de poitrine verticaux vers l’avant quand le bassin est derrière, vers l’arrière quand le bassin est devant et enfin ajoute les rotations d’épaules droite vers l’avant, gauche vers l’arrière, gauche vers l’avant, droite vers l’arrière…. un truc de malade, un truc d’Amy !

Et puis, comme tous les jours, les équipes arrivent : Unmata, Verbatim. Ils se préparent : ce soir chacun dans leur coin ils vont danser. Les costumes sont incroyablement originaux. Ils sont tous imaginés par Amy. Elle dessine un proto, le donne à une couturière qui le reproduit ensuite. L’équipe de « Street Team » est là aussi. Elles terminent ensemble la confection de leurs hauts pour leur prestation de demain soir au Second Saturday. L’influence est carrément Urban&Gothic dance : noir et autres chaines métalliques.

Puis nous partons au restaurant marocain où Unmatta danse. Magnifique endroit où nous mangerons sur des poufs avec les doigts. Voilà l’occasion de parler un peu français avec le personnel. Les filles sont encore une fois F.A.B.U.L.E.U.S.E.S. Il y a 3 salles de restaurants. Les changements de leader, d’espace se font en une fraction de seconde. C’est un tourbillon d’énergie qui envahit soudain l’espace. Un groupe de jeunes filles d’origine nord-africaine occupe l’une d’elle. Elles portent toutes une couronne sur la tête, et son habillées en tenues de soirées. Je ne sais pas ce qu’elle célèbre. En tout cas leur accueil est plutôt froid envers Unmata (ça ne me surprend pas trop), certainement trop « underground » pour elles. La troupe ne s’éternise pas dans cette salle sentant qu’elles n’y sont pas forcément les bienvenues. Et pourtant au moment de partir, les jeunes filles leur demande « encore une danse » ! Bizarre ? Confused

Remarquez que les "doggy bag" ne sont pas une legende ! Ici on ne gache rien : quand tu en laisses dans ton assiette, tu le ramenes chez toi dans une boite.

Nous retournons au studio pour y déposer nos caméras et appareil photos et nous partons à pied dans un club gay. Enorme ! 4 salles différentes, 1 piscine ! Supère soirée : Hot Spot en boîte ça dépote !

Retour au studio, gros dodo. Manza doit partir tôt demain matin pour SF. Un premier stage de sagattes avec Jamila Salimpour puis un intensif avec Jill Parker. Il faut qu’elle dorme un peu.
"Unmetro"








Doggy bag & Dance



Samedi 10 mai 2008

Aujourd’hui, la journée est studieuse : ce soir je danse au Second Saturday ! Bon, avant de vous raconter cette fabuleuse soirée, je vous raconte un peu du reste !

Amy nous a emmenés manger des crêpes (en français dans le texte). Trop trop bonnes les crêpes aux USA. En sortant du restaurant, je vois une femme au coin de deux rues en train d’agiter un grand panneau avec l’inscription PARKING dessus. Rêve-je ou est-ce une « femme-panneau-publicitaire » ? Non, je ne rêve pas, Raven me confirme que pour 10$ la journée, cette femme va agiter ce grand panneau pour faire la pub d’un nouveau parking pas très loin d’ici. Elle-même et Amy l’ont fait quand elles étaient plus jeunes et avaient besoin d’argent. Plus loin, je vois un panneau annonçant le Second Saturday devant un magasin de fleurs. Je me dis « Tiens, ils sont sympas eux, ils soutiennent le Hot Spot Studio » ! Pffffffffffffff ! J’avais rien compris au truc ! En fait SECOND SATURDAY c’est dans toute la ville de Sacramento tout l’été. Il y a des manifestations partout dans la ville, les galeries d’art sont ouvertes et toute la partie artistique de la ville s’expose gratuitement. D’où la scène sur le trottoir installé par le Hot Spot Studio.

L’après midi, je travaille avec Saskia notre duo tribal. Bon, ça va, les nouvelles transitions sont mémorisées. Nous ferons chacun un petit solo et SURTOUT nous danserons ensemble. Reste à trouver la musique.
HEY ! Les filles… vous vous rendez compte ? Je vais danser en Californie ! avec une canadienne ! sur la même scène que les troupes du Hot Spot ! Quel culot j’ai moi quand même ! Mais bon, si je le fais pas je vais le regretter toute ma vie. Et puis on rigole franchement avec Saskia, alors tant qu’il y a du fun…. C’est ça qu’il y a de fabuleux dans cette danse : tout réside dans le plaisir de danser avec sa partenaire, comprendre, décoder ses signes.

Nous passerons en 4ème position après Street Team, Andrew et Shittkicker. Ca va, les Unmatta sont loin derrière nous, ouf !

Vers 17h le studio se rempli doucement. Tous les danseurs viennent s’y préparer. Nous aurons aussi des danseurs de feu.
Finalement, je suis supère relax. No stress. De toute façon personne ne me connait, je ne les reverrai plus et je sais que le duo fonctionne. L’équipe du studio n’en revient d’ailleurs pas. Ils ont du mal à croire qu’il y a 3 jours on ne se connaissait pas. Le show démarre à l’heure. Un petit nombre de passants s’arrêtent. Plus le temps passe et plus le nombre de spectateurs augmente. Et voilà notre tour.

Les filles, coté costume, moi j’ai fait très très simple. Comment voulez-vous que je rivalise avec ces américaines. Dans ces cas là, tu la joues stratégique : contraste leur couleur, leurs accessoires, leurs bijoux et fais simple et sobre. Donc pour moi ce sera tout noir et basta !

Nous faisons notre entrée. Pur bonheur ! Bon, je rate quelques appels de Saskia. Elle vient alors à ma rencontre pour me ramener dans le duo et nous repartons ensemble dans la danse. Mon solo de quelques x8 se passe bien. Je me sens tellement bien dans ce moment que je ne peux quitter un grand sourire qui se fixe jusqu’au haut de mes oreilles. Ensuite, nous enchainons sur un solo de Saskia à la double épée. Je suis chargée de lui passer la deuxième épée quand elle me fait signe. Elle m’a demandé de faire une petite mise en scène du style « Attention les yeux, cette danseuse va-t-elle être capable de danser avec 2 épées ». Vous me connaissez (pour certaines), elle n’aurait pas du me dire ça. Je ne me suis pas beaucoup forcé à faire le pitre. Bon, ça va l’ambiance est là, le public rie et applaudi. Saskia termine sa danse avec brio (promis on la met en ligne dès qu’on peut). Et nous terminons par un final de 30’ histoire de se prendre pour des stars qui quittent la scène avec brio.

Nous recevons les félicitations d’Amy et le reste de l’équipe. Je suis heureuse, très heureuse d’avoir vécu ce moment.

Toutes les troupes du Hot Spot Studio remportent un vif succès : elles sont toujours aussi époustouflantes. Il y a quelques solos d’autres danseurs et ensuite, à la nuit tombée, le feu entre en action. Je n’avais jamais vu ces danses. Verica tu aurais aimé être là surement.
Kari porte deux coupelles enflammée et danse une fusion flamenca. Amy enflamme une corde à sauter et invite Shelly à la rejoindre. Impressionnant. Shelly à son tour enflamme deux pois et danse. Puis Amy revient, un foulard sur la tête et un lasso dans les mains. Vous connaissiez vous ? Moi non. Et bien, elle danse avec ça, le fait claquer et tourbillonner. Et puis il y a un couple aussi. Malheureusement je ne connais pas le vocabulaire des accessoires alors je vais essayer d’expliquer (si quelqu’un peut nous éclairer sur ces accessoires d’ailleurs, ce serait sympa). Le garçon fera danser : les poï (en duo), un très grand bâton (qu’il fait entre autre tournoyer sur son dos), un fil attaché à ses mains au-milieu duquel se trouve une petite boule. Lorsqu’elle s’enflamme, on ne voit plus la corde et on a l’impression que c’est lui qui attire cette boule vers ses mains, j’ai adoré. La fille dansera avec des quilles et les poï.

Le show se termine. Le studio s’emplit de tous les artistes. Grande ronde rituelle, discussions et rigolades. Et puis chacun rentre chez soi. Saskia et moi allons alors nous coucher. Demain on part tôt à San Francisco pour une journée de shopping.
Verbatim






Street Team



Street Team au Second Saturday sur YouTube
Dimanche 11 mai 2008

SAN FRANCISCO

L’entrée dans SF se fait par un pont gigantesque à deux étages (1 pour chaque sens de circulation), celui là même qui avait provoqué tant de morts lors du dernier tremblement de terre. A droite Al Catraz ! Dingue non ! Au loin Golden Gate ! Waow. Tous les monuments de l’imaginaire sont là. Puis nous entrons dans la ville. J’ai comme l’impression d’être dans une série policière genre Starsky et Hutch. Vous savez, ces scènes de poursuites en voiture dans des rues qui montent et descendent. Et ben : c’est ici !

Amy nous emmène dans la rue la plus « serpentante » du monde. Nous l’empruntons en voiture : 10m et tu tournes, puis 10m plus loin tu tournes encore. Et ça descend, ça descend. Vous pensez que c’est de là que vient la danse « serpentine » de Rachel ?

Bon, je vais vous épargner le nom des rues (pour la simple et bonne raison que je ne m’en souviens plus !). Mais nous nous garons dans un quartier (celui de Rachel) où l’on trouve toutes les boutiques les plus extraordinaires. Un petit stop dans un restaurant où je commande une brochette de thon excellente. Ici en France, vous ne me feriez pas manger de thon frais, mais à SF je ne sais pas pourquoi il n’a pas la même saveur !  

Ensuite notre shopping commence. Mais finalement, je me demande si à Paris on ne trouve pas ce genre de magasin genre gothic, brand new… Je fais mes emplettes pour ma famille et pour moi-même (of course). Bon, moi je crois que je suis habillée pour les années qui viennent !

Ensuite, nous partons dans le quartier « gay » à CASTRO. Je dois ramener des souvenirs à des amies. Oui c’est vrai, ici les homosexuels sont tranquilles. Ils vivent ouvertement leur relation. C’est cool pour eux.

Sur le trottoir nous croisons une jolie jeune fille en tenue de serveuse, portant un plateau avec toute sorte de choses à consommer dessus. Avec son autorisation, je la prends en photo. Elle est trop mignonne. Du coup, je lui achète un paquet de cigarette. Waow, 9$ le paquet !!! Bon allez, il fait un peu froid dans les rues de SF, elle est habillée très léger, ça doit pas être très drôle de faire ce métier. Je lui prends donc son paquet. Mais attention, pour ce prix là, vous avez le service avec : elle ouvre le paquet, en sort une cigarette et me l’allume. Ah ouais ! 9$ ça se comprend.
Dans une boutique, alors que j’attends assise (j’en peux plus !) que les filles aient choisi leur emplette, j’observe à la caisse une jeune fille au comportement bizarre. Soubresauts, grattage frénétique de la peau, piétinements. Saskia m’en avait parlé. Il s’agit d’une jeune droguée qui se choutte au cristalmeth. C’est une drogue terrible qui sévit actuellement aux States. Très bon marché, elle se compose de produits chimiques qui détruisent petit à petit le cerveau, rendent les dents spongieuses, provoque des démangeaisons et empêche le sommeil conduisant aux hallucinations. C’est parait-il un véritable fléau chez la jeunesse américaine.

Chargées de paquets, nous déposons tout ça dans la voiture et partons manger des PASTAS. J’en ai une énorme envie !!! Le restaurant est trop mignon, très cosy, en bois avec plein de vieilles photos. Notre repas avalé, nous reprenons la route vers Sacramento. San Francisco c’était chouette.
Demain, journée « OFF » pour Amy. Alors nous pendant ce temps, on va faire un peu de ménage dans le studio, faire nos lessives et puis marcher un peu. A 18h, nous retrouverons toute la troupe du Hot Spot pour une séance de yoga.








Lundi 12 mai 2008

Aujourd’hui nous sommes allées visiter le vieux Sacramento. Sacramento est la capitale de l’état de Californie. C’est donc là que vit ce cher Arnold Schwaerzeneger ! Nous sommes allés au centre ville à pied, ce qui nous a permit de nous promener dans un très beau parc The Capitol Parc. Il entoure le Capitol, centre du gouvernement fédéral. Ce parc est parait-il très connu pour ses arbres majestueux venus des 4 coins du monde. Sauf qu’il y a un petit problème : ces arbres n’étant pas originaires de la région, ils provoquent des allergies aux habitants de Sacramento !!

Nous arrivons au vieux centre. Hier j’étais dans une série policière à San Francisco, aujourd’hui je suis dans un western. Les vieilles maisons et vieux magasins ont leur façade en bois. Un trottoir de bois longe ces bâtiments. Il y a même les barres pour fixer les brides des chevaux… et elles sont usées au milieu ! Datent-elles de la conquête de l’Ouest ? Peut-être.
A part ça, la journée a été plutôt calme. A 18h nous rentrons au studio pour le cours de yoga, mais j’avoue qu’après ces quelques 2h de marche, je n’ai pas le courage de me contorsionner à nouveau avec les postures de Leah. Je reste donc tranquillement affalée sur les coussins et je regarde les autres souffrir… j’adore !


Mardi 13 mai 2008


Amy arrive vers 9h. Elle doit m’emmener acheter mon IPod. On arrive dans un magasin grand comme un Super Hyper Casino ou autre enseigne, mais… ce n’est que de l’électronique ! C’est pas le choix qui manque. Au niveau des prix, tout est comme en France sauf que c’est le symbol $ au lieu du € donc il faut en fait enlever un tiers du prix pour connaitre l’équivalence réelle en €. Donc c’est forcément plus intéressant.

Ensuite, Amy nous emmène manger dans un restaurant où le propriétaire a parcouru le monde entier pour décorer ce lieu. Une salle extérieur (un vrai jardin balinais), une salle intérieur couverte d’objets diverses et de bouquets de fleurs odorantes. C’est magnifique. Au fond, le buffet des desserts. OMG !! Les cheese cake sont gros comme le magasin d’électronique, bof ! moi ça ne me donne pas envie. Mais je vais quand même commander un truc qu’on ne devrait pas voir en France de si tôt à mon avis : une tarte à la crème de banane (avec en supplément une couche « atau » de chantilly). « Atau » en béarnais ça veut dire « comme ça » en général on l’utilise pour parler d’un truc énoooorme, prononcer « atao ».  

Retour au studio en passant par la poste pour expédier mes achats de cette semaine, car la semaine qui arrive va être forte en accessoires et autres tentations tribales.

Et puis, ce soir, nous avons 2 cours. Le premier ça va, c’est un morceau de chorégraphie qu’apprend la « street team » actuellement. En revanche au second cours, ne restent que les filles de Unmatta et 2 de Verbatim. Le niveau n’est pas le même et on apprend un morceau de la chorégraphie des Unmatta qu’elles danseront samedi soir au Tribal Festival. Ok, je suis, je suis… enfin non, je suis perdue… bon ben ce mouvement je le verrais à la maison !

Le cours terminé, place aux pros. Unmatta répète pour le Tribal Festival. Elles sont en nage ! Ici il fait chaud. Il prévoit 100° pour ce week-end (ne vous affolez pas ce sont des degrés Farenheit, je ne connais pas l’équivalence, mais ça sera chaud quand même).  

Voilà, tout le monde est parti. On doit se coucher tôt, demain départ à 6h du matin pour Sebastopol.
La maison de "Schwarzi"



Les rues du vieux Sébastopol





Ce très beau restaurant
 


Unmata en répétition

Mercredi 14 mai 2008 - Tribal Festival 8 Sebastopol USA

J'y suis

 Comment vous dire ? Premier sentiment : nous arrivons sur le parking désert d'une MJC. Le lieu est tout petit !!!! Il est 8h30 du matin : Amy voulait arriver tot avant le stage qui commencera à 10h.

Quelques vendeurs sont en train de déballer, ce que je vois au premier abord est déjà très intéressant.

Je fais un petit tour, me présente aux différents vendeurs, prend quelques photos et filme un peu pour avoir une idée en rentrant de qui fait quoi. Ensuite, j'aperçois une dame assez âgées, habillées excentriquement et qui rit toutes les 30 secondes : C'est Kajira, elle même. Je vais donc à sa rencontre me présenter. Et hop, ma première photo de personnalité. Je dirais qu'elle est un peu "tout feu tout flamme", peut être l'excitation des jours à venir.
Je continue mon tour, je cherche Chuck (son mari) à qui je dois donner un petit "cadeau" : un rouleau de papier toilette de couleur !! Et oui, on en avait parlé sur internet, ici ils n'ont que du blanc et Amy avait trouvé très drôle cette idée de colorer et parfumer le papier toilette. Je suis donc arrivée aux States avec 2 packs de papier : un mauve parfum lavande et un pour les enfants avec pleins de dessins dessus. Hot Spot Studio est tombé raide dingue de notre papier toilettes !! J'ai réussi à préserver 1 rouleaux de chaque pour Chuck qui avait dit (à travers Tribe.net) en vouloir aussi ! Chose promise chose due !!!

Puis je fais mon premier stage : Unmatta. Trop cool, on apprend une combinaison "Raven's Jigg", une passe " Hulo hop pass through" et le changement de leader avec changement de directions. Super interressant. J'avoue que je fais un peu ma belle dans la combinaison : ça fait une semaine que je suis élevée à la Amy Fusion Dance !

Ensuite, pause.
Il faut trouver à manger. L'équipe des Blacksheep ont un stand boissons et repas : heureusement ! Ici, il fait une chaleur étouffante. On se croirait à Nîmes au mois d'août.

Je commence ensuite mes emplettes. Oh la la ! Tribal Bellydancer, venez ici. Il y a des accessoires pour tous les styles : romantiques façon ATS (fleurs, jupettes et Cie), tribal fusion (Melodia's pants...), gothic (cuir, os, metal), pirate (manteaux, capes, plumes)... que vous dire : ils sont tous là. Vous aurez certainement l'occasion de voir mes achats lors de mes prochains spectacles, je suis en train de faire ma garde-robe.

Deuxième stage : je suis sensée allée à Unmatta encore, mais je suis assez tentée par Ariellah. Alors, je change. Voyons voir cette "gothic lady". Elle nous fait travailler les "drills" : petits exercice de répétions pour bien comprendre et s'appropier un mouvement. Les combinaisons sont donc très très courtes. Elle insiste sur la posture (ce qui est toujours très très bien). Attention, elle nous surveille ! Super pro Ariellah. Elle vient nous corriger et considère par exemple qu'au bout d'un moment on est sensé avoir un mouvement !!!
Puis nous voyons deux combinaisons : the "Agitator" et "Pin-ball" très courts. J'adore son sérieux et son professionnalisme. 

Je dois quitter le stage avant la fin car Amy finit le sien avant et elle me ramène à l'hôtel. Ce soir, elle retourne à Sacramento (2h30 de route) pour donner 2 cours.

A l'hôtel, je fais la connaissance de mes deux co-locataire : Mariana et Ana Lua du Brésil. Nous partagerons la chambre ces 5 jours. Elles sont adorables. Ana est tatoueuse et Mariana prof de danse tribale. Je vous mettrai un lien sur youtube, j'ai beaucoup aimé ce qu'elle fait.

Je me couche enfin, il est tard et je suis quand même un peu fatiguer.












Community Center - Sebastopol


Adorables Chuck & Kajira (nos hôtes)



Ariellah & Djeynee




Amy & Kari
Jeudi 15 mai 2008

Deuxième jour dans la communauté TRIBALE. Je vois des femmes au look extraordinaire. Je rêve de les prendre en photo mais je n’ose pas les interpeller. Je verrais demain lors du premier show si je peux attraper 1 ou 2 danseuses pour vous faire partager cette extase visuelle !!!

En attendant, aujourd’hui j’ai rendez-vous avec Zoé ! En attendant son stage qui ne commence qu’à 12h15, je m’installe dans l’herbe avec des copines rencontrées ça et là. En fait, il n’y a pas beaucoup d’endroit où aller pour se mettre à l’abri de cette incroyable chaleur et du soleil. Résultat, tout le monde est au même endroit et on y retrouve des copines.

J’aperçois au loin Mardi Love ! Et oui, en personne ! Je me lève d’un bond et va lui faire un petit coucou. Très sympa, on évoque ensemble notre rencontre nimoise. On doit bientôt se revoir à Barcelone. Je la croiserai plusieurs fois dans la journée. Elle me laisse un très gentil mot sur ma « feuille souvenir ». Ah oui, je n’en ai pas parlé. Avant mon départ, j’ai confectionné une feuille « souvenir » et je demande à chaque personne que je rencontre d’y inscrire un petit mot. J’ai ainsi des dédicaces de grands noms comme Ariellah, Mardi Love, Romka & Bella, Zoe mais aussi mes partenaires d’aventure comme mes colocataires à l’hôtel ou bien Saskia et Manza ou bien encore des vendeurs avec qui je cause un peu. Bref, je veux que la feuille soit noircie avant de rentrer.

C’est l’heure du stage. Comment vous dire ? Elle nous enseigne l’essentiel de son style à savoir : ses tours et ses blocages (qu’elle appelle « hit »). Celles qui ont fait le stage Tribal Fusion 2 avec les Bellyqueen savent de quoi je parle. Nous apprenons un enchaînement très court mais qui aborde tous ces mouvements. Une bonne manière de les retenir. J’ai adoré. Je la croiserai plus tard en train de faire ses emplettes ou encore assise dans l’herbe en train de discuter avec d’autres festivaliers.

Rachel a fait son stage le matin, je ne l’ai jamais vu dans l’enceinte du festival. C’est pas grave, je la verrai samedi au show.

Après mon stage, il est trop tôt pour rentrer (14h15) alors je continue mon tour des vendeurs, je vais voir les stages : toutes les portes sont ouvertes à cause de la chaleur. On peut entrer et sortir, s’asseoir à l’ombre et à la fraicheur d’une salle. Du coup, je reste un long moment à regarder celui de Mardi. Elle est très très loquace et drôle contrairement au stage qu’elle avait donné à Nîmes. Je comprends qu’il doit être plus facile de parler et de faire rire l’auditoire quand tout le monde comprend ! La salle est immense (un gymnase) et Mardi est sur une estrade (qui colle au pied, elle doit mettre des chaussures) avec un micro. En fait, c’est pas si mal : tout le monde voit bien. Bon c’est sûr, il n’y a aucune correction mais je ne suis pas sûr que ce soit l’objet de ce genre de stage.
Je continue mon petit tour des stages. Je m’arrête un instant à celui de Romka et Bella. Travail sur l’interprétation de la musique sur morceau lent sans rythmique, puis travail sur l’intention du mouvement et l’expression dansé, puis petite combinaison pour mettre en pratique les exercices précédents. Je ne reste pas plus longtemps, mais j’aime beaucoup ce qu’elles proposent. Bella est (pour moi) le sosie de Rachel ! Dingue, non ? Romka mesure 3,50m ! Elle est impressionnante.   
   
Le soir je reste pour la projection d’un film sur Princesse Farhana. Je suis sure que vous la connaissez, moi j’avais vu des photos d’elle dans un somptueux costume années 30. C’est une drôle de femme. Un vrai clown. Elle a débuté comme danseuse dans les restaurants, et puis chemin faisant elle a trouvé son style : c’est un vrai clown. Elle use et abuse de sa féminité avec légèreté et désinvolture. Elle fait maintenant du Burlesque, qui se termine très souvent en strip-tease. Mais son style est super pro et plein d’humour. J’ai beaucoup aimé même si je n’ai pas compris tout ce qu’elle disait, le public riait beaucoup par contre. Et vous savez quoi ? Sa chambre d’hôtel est à côté de la nôtre !

Le film se termine. Il faut trouver un moyen pour rentrer. Pas de problème, à la sortie du parking, j’interpelle deux jeunes filles dans une voiture. Ok, elles nous ramènent à l’hôtel. La vie est si simple quant tout se passe comme ça.

Princesse Farhana


De retour à l’hôtel, je suis quand même obsédée par ma connexion internet. Il faut que j’en ai le cœur net. Un festivalier m’a gentiment proposé son aide : il est avec son épouse dans le même hôtel que moi et il est informaticien. Je cours donc à la réception demander le numéro de sa chambre. La réceptionniste me propose tout d’abord de jeter un œil à cet ordinateur. Et bien, voilà, ça marche ! En fait ma chambre était trop loin du routeur pour initialiser la connexion. Super, maintenant je vais pouvoir recontacter mes amis et envoyer mes compte rendus.
Mes co-locataires Marianna et Ana Lua





Romka & Bella





  





Vendredi 16 mai 2008

Principalement aujourd’hui : le stage de 4h avec Carolena Nerrichio et les spectacles.

Je dois d’abord me rendre de l’hôtel au « Community Center ». Il fait déjà une chaleur étouffante, mes co-locataires et moi-même n’avons pas le courage d’y aller à pied. Nous commandons donc un taxi. A Sacramento, il n’y a qu’une compagnie de taxi. Il nous faudra donc attendre et effectivement, nous attendons ½ heure devant l’hôtel ! Les fois prochaines, nous nous débrouillerons autrement. Ici il y a toujours quelqu’un qui quitte l’hôtel pour aller au festival, il suffit de demander.

Arrivée sur le centre, je fais encore un petit tour des « vendors », c’est tellement beau que je m’émerveille à chaque passage. Que d’imagination ! Que d’atmosphères différentes ! Que les prix sont élevés !!! Je rigole ! En fait oui c’est cher, mais la majorité des choses vendues ici sont faites à la main.



Bon, il est temps de rejoindre la salle de cours. Ah oui, c’est vrai, Carolena est toute petite ! D’ailleurs, elle porte d’énormes claquettes à semelles très hautes (la coquine). Sur place, on m’avait dit que le stage serait niveau Intermédiaire/Avancé avec cymbalettes. Je ne le savais pas, sur le programme rien n’était spécifié. Je sens que je vais souffrir pendant 4h. D’ailleurs, tout le monde me le dit : « prépare-toi à souffrir ! » … sympa non ?

En fait, plus le stage avance et plus je me rends compte qu’elle nous fait un cours débutant ATS. Elle nous donne tous les fondamentaux. Je suis aux anges. Nous travaillons une petite combinaison simplissime où chaque mouvement est expliqué et puis surtout, nous travaillons ensuite en groupe. Changement de leader, différentes figures comme le « fade » ou le « circle ». Ce sont des déplacements permettant un changement de leader. C’est vrai qu’elle parle beaucoup mais tout ce qu’elle dit est capital à notre compréhension de l’ATS. Nous travaillons 2 combinaisons : 1 lente et 1 rapide.
La dernière heure est consacrée à une discussion, ou plutôt un exposé des 13 points fondamentaux en danse. Bon là, j’avoue que je n’ai pas tout compris, la fatigue aidant ma tête plonge par moment vers le sol ! Voici ce que j’ai retenu : s’il y a certains mouvements que vous ne pouvez pas faire, c’est principalement parce que votre cerveau vous en empêche ! Le cerveau mémorise les mouvements du quotidien, le corps les exécute alors sans barrière et sans même que nous ayons à y penser. Ils deviennent routine. Lorsque l’on effectue un mouvement nouveau, le cerveau, comme une sentinelle vigilante pose des barrières physiques à l’exécution de ce mouvement. Exemple : le fameux « back bend » de Rachel (comprenez : cambré arrière), quand on le pratique, inconsciemment on se met une limite. Pour la dépasser : il faut s’entrainer, s’entrainer, s’entrainer et le faire dans des conditions de sécurité maximale. N’en demeure pas moins la physionomie de chacune qui fait que, selon la forme de nos vertèbres, leur capacité à s’emboîter est différente selon qu’elles sont saillantes ou pas. Ou encore, toujours au sujet de la mémoire du mouvement, si vous voulez maîtriser un mouvement, pratiquez-le pendant 8mn à chaque entrainement. Je ne sais plus pourquoi mais je me souviens de l’essentiel ! Elle nous parle aussi du « side-away bellyroll » : l’ondulation latérale du ventre. C’est un mouvement yogi, très peu de personne sont capable de le faire. Mais, petite astuce de Carolena : combiner un Taxeem (8 vertical Bas/Haut) et un Bellyroll Up to Down (Ondulation du ventre de haut en bas) et l’effet d’optique est assez convaincante !



Petite photo de fin de stage (of course) et puis je rentre à l’hôtel pour manger, me doucher, me changer et me préparer pour la soirée de show qui vient.

Avec mes co-locataires, nous allons manger dans un snack où l’on compose sa salade. Décidemment ! En fait, on parle de la mal-bouffe aux Etats Unis mais ces snacks sont très nombreux et l’on peut parfaitement manger équilibré, plein de légumes et crudités.

Nous repartons ensuite au festival pour le début du show. Trop tard pour Urban Tribal Company ! Plusieurs troupes se succèdent. Bon en résumé vous avez le choix entre les Rachel ‘s ou les Carolena’s. Ensuite, dans la fusion, selon que vous êtes gothique ou urban ou romantique les costument changent et l’atmosphère aussi. Ce sont des styles, mais à part ça, les mouvements sont tous les mêmes. Pardonnez mon impartialité mais à part Unmatta…. !
Bon alors revenons au show. J’ai coché sur le programme ce que les uns et les autres m’ont dit de ne surtout pas rater, ou bien encore, les passages des différentes personnes que j’ai rencontré durant le séjour. Je ne pense pas finalement que je vais résumer chacune de ces prestations ici. Je préfère donner une opinion générale plus tard, quand j’aurai vu tous les spectacles.



Je me souviens en tout cas de Princess Farhana, dont j’ai vu le film hier. Je suis aux anges, elle porte ce costume année 30 somptueux. Elle arrive sur scène avec 2 immenses éventails en plume. Visuellement magnifique. J’ai également beaucoup aimé sa prestation.

Musicalement, pour moi c’est l’apothéose : remix, techno, rock.

Dis-moi Kajira, d’où est partie cette idée de festival ?
Il y quelques années de ça, les seuls évènements qui existaient étaient plutôt dédiés à la danse orientale (appelée ici « cabaret bellydance »). La communauté tribale (tatouages, percing et look plutôt excentrique) ne s’y sentait pas très à l’aise alors qu’elle pratiquait aussi un style de danse orientale. C’était les seuls lieux où elle pouvait s’exprimer. Alors, nous avons décidé d’organiser le premier Tribal Festival, il y a 8 ans. Pour le premier, j’ai simplement invité mes amis à venir se produire sur scène.
Voilà, aujourd’hui il dure 5 jours. La scène est ouverte du vendredi 17h au dimanche 18h, avec pour seule coupure celle de la nuit et du repos. Il faut ajouter à ça, les 2 « After Parties » qui ont lieu dans Sébastopol et où certains des artistes se produisent également. Zoé par exemple n’était pas sur la scène du TF8 mais a danser à l’After de vendredi. Les bénéfices de cette soirée vont à une association caritative. Revenons au TF8. Les stages, quant à eux, commencent le mercredi et se terminent le dimanche. Combien de danseurs sont là à perfectionner leur technique ? En tout, il doit bien y en avoir quelques centaines !!!! Pour les « vendors », c’est un rendez-vous à ne pas manquer. Je me demande s’ils n’y font pas la moitié de leur chiffre d’affaire. Les festivaliers connaissent la réputation de ce marché gigantesque et de qualité. Ils économisent pour cette occasion unique. Quant aux artistes qui se produisent sur cette scène, je peux vous dire que du plus grand au plus petit ils sont tous stressés par l’enjeu. Pourquoi ? Parce que tous les grands noms sont là. Imaginez par exemple que Verbatim (la troupe semi-professionnelle de Hot Spot Studio) a dansé juste après la prestation de Rachel Brice. Après son passage, elle s’est installée au premier rang pour regarder la suite du spectacle. Lorsque l’équipe de Verbatim s’en est rendu compte, comment pensez-vous qu’ils étaient ? We are dancing in front of the FUNKING RACHEL ! Il en est de même pour une artiste connue et reconnue du public et de toute la profession qu’est Amy Sigil. Moi qui est passé la semaine d’avant avec elle, je peux pour assurer qu’elle était quelque peu nerveuse.

Cette journée du vendredi se termine donc merveilleusement. Je rentre à l’hôtel avec Amy et sa compagnie dans le « Unmetro ». Mes co-locataires sont parties à l’After. Quand elles rentrent je ne suis pas encore couchée :il est 2h. Elles sont complètement excitées ! Mais que s’est-il passé là-bas ? Ben, les filles, j’ai tout simplement ratée Zoe !

Ahhhhhhhhhhhhhhhh, je sais, je suis nulle ! Mais je ne savais pas qu’elle y dansait. Il parait que c’était fantastique : Zoé à 5cm de nous. Bon, il vaut mieux oublié ma grosse boulette. Demain, c’est sûr j’y vais.

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Carolena Nericcio













Samedi 17 mai 2008

Aujourd’hui nous passerons toute la journée, avec mes co-locataires, au Festival. Pas question de rentrer à l’hôtel et de prendre le risque de rater une performance. Ca commencera à 10h et finira (officiellement) à minuit, après il y aura la « After party ». Est-ce que vous vous rendez compte !!! Shocked

Au programme aujourd’hui de grandes pointures comme : Unmatta, The Indigo, Hahbi Ru, Gypsy Fire, FatChance Bellydance. En tout 65 passages.

Je vais avoir un léger problème avec ma batterie, je n’en ai qu’une. Mais comme je suis une petite maline, hier j’ai fait un repérage : il me faut une prise électrique à porté de main. Il me faut aussi un endroit d’où je puisse filmer sans avoir de tête dans mon champ de vison. Ok, tout est prêt. La prise est à côté d’une poubelle à 2m de moi. Je dissimule mon caméscope dans un sac et ne laisse dépasser que le cordon branché. Pour mon installation vidéo, je squatte (sans lui demander son avis) un coin de la table de mixage de Chuck (il est en plein milieu, alors forcément c’est la meilleure place). Mais comme je lui amener du joli PQ de France, parfumé et tout et tout, il ne me dit rien. De toute façon il sait très bien pourquoi je suis là. Je pose trépied dessus et hop, je filme sans me fatiguer le bras et la caméra est au-dessus de toutes les têtes. Parfait ! Bon, grâce à cette organisation, je n’ai rien raté de toutes les performances qui m’ont plu. Pour les autres, j’en ai filmé un petit bout juste pour avoir une idée de l’ambiance. Mon appareil photo prend le relais de la caméra pendant que je la charge.

Je ne me souviens plus de tous les passages. Ils mériteraient tous un commentaire : chacun travaille dur pour cet évènement. Evidemment, j’attendais particulièrement Unmatta et Indigo. Unmatta a eu la première « standing ovation » du festival. Il y en aura eu 3 à ma connaissance : Unmatta, Carolena et Indigo. Chapeau Mesdames.
Ce qui était très intéressant, c’est la richesse des ambiances : disco, punk, gothique, romantique, burlesque, théâtrale, féérique, « piratesque », indien, turc, duende, traditionnelle tribale, pure ATS.




Intéressant aussi le travail de groupe, les déplacements pour former des dessins sur scène. Magnifiques les costumes, maquillages, accessoires. J’ai photographié quelques uns des ces artistes à leur sortie de scène.
Le must c’est de voir des femmes d’âge mur (environ 60ans) magnifiquement costumées, époustouflantes de beauté et de spontanéité, certaines plus que rondes, nous offrir le spectacle de leur danse. Quelle autre danse offre cette possibilité ? La danse orientale est définitivement la danse de la femme.

Je passe la journée enfermée dans cette salle de spectacle (qui n’est autre qu’un terrain de sport co) mais jamais je ne suis lasse. Il y a là tout ce que j’aime : la communauté chaleureuse, la danse, la musique.
Le timing est parfait. Je n’avais pas pensé à ça mais voilà comment ça se passe : le programme est imprimé avec des heures de passages. Lorsqu’un groupe est absent (ce qui est arrivé) ou bien si le rythme s’accélère et que le programme prend de l’avance, DJ Chuck intervient. Le spectacle est suspendu, tout le monde peut sortir faire un break, boire un verre, manger un morceau jusqu’à l’heure du prochain passage. Ainsi, m’explique Chuck, le spectateur qui vient voir un artiste en particulier est assuré de ne pas le rater. Je trouve ça très astucieux. Il y a aussi des coupures Tombola et des coupures « Open Stage » avec ou sans musiciens sur scène.

Un autre aspect magique du festival est de voir toutes ces grandes pointures de la danse déambuler dans les allées des vendeurs, faire leur shopping en costume, regarder les performances, manger, boire, discuter un peu assis dans l’herbe, très simplement.

Kajira est assise au dernier rang. Elle ne rate aucune prestation. Chaque passage déclenche chez elle enthousiasme et « youyou ». Elle est vraiment dans son élément. Chuck tient les manettes de la table de mixage. Parfaite complémentarité.

Les Indigos clôturent cette journée de folie. Mise en scène avec bouteille de vin, bousculade et numéro de clown hilarant de Zoe (bravo Miss ZOE). Mardi, plus réservée, est plus souvent dans un coin, à regarder les pitreries de ces copines. Un jeu de chaise musicale entre elles trois, des solos, des trios, un gâteau écrasé sur la joue de Rachel par Zoé qui s’en lèche les doigts. Et puis, arrive la bande de musiciens live. Ben oui, les filles, Rachel nous fait ce cadeau. Et les voilà tous en piste : musiciens, chanteurs et danseuses. Beau final. Leur passage a laissé des traces sur le sol : liquide, crème. Zoé et Rachel prennent des morceaux de tissus et frotte la scène avec pléthore de grimaces et autres singeries !

Puis le spectacle continuera dehors, avec des danseurs et danseuses et le feu. Je ne vois rien, je suis trop loin, il fait froid et il faut qu’on parte à l’after. Encore faut-il trouver une voiture. Pas de problème. Allons sur le parking, il y aura bien une âme charitable.

Chose faite, nous arrivons à l’after. Nous y retrouvons quelques uns des danseurs du festival et 2 DJ qui mixent de la trop bonne musique ! Alors là moi je me lâche !!! Une espèce de géant gothic et épais comme un fil de fer s’approche et nous entamons un duo improvisé. Trop drôle. Son amie se joint à nous, nous sommes trois à pratiquement monopoliser l’espace. Attention, quand je me lâche, il ma faut de l’espace !!

Et puis, c’est le show de l’After. Shelly y fait un très court solo. Je découvre Frédérique (danseuse franco-libanaise). Bravo Madame Frédérique : très belle danseuse. Il y a ensuite un duo ATS comique, commentaires au public en direct, et d’autres encore. Effectivement, je suis assise par terre au premier rang, Zoé hier n’était vraiment pas loin du public !
Bon, quelle bande de couche tôt ces américains alors. Il est 2h et la troupe Unmata quitte le lieu. Je dois partir aussi si je veux rentrer en voiture. Et voilà, demain c’est donc le dernier jour du festival. Je me couche avec toutes ces belles performances dans ma tête.










Kajira



Carolena devant
Brandy (Indigos) à droite
Mardi Love (au fond)

Dimanche 18 mai 2008

Aujourd’hui n’est pas un jour ordinaire : c’est le dernier jour du festival. Première chose à faire : refaire ma valise. Vais-je réussir à faire rentrer les tonnes de choses que j’ai achetées. Au fait, j’ai oublié de parler de MELODIA. Vous savez, les fameux Melodia’s Pants que toute danseuse tribale digne de ce nom se doit de porter en cours ou sur scène. J’ai attendu son stand avec impatience, car elle n’est venue que samedi et dimanche. Inutile de vous dire comment j’ai sauté sur son stand dès que j’ai foulé le sol du festival. Je suis R.U.I.N.E.E mais je suis équipée pour les années à venir !

Bon, revenons à nos moutons. Rendez vous sur le parking avec la troupe de Hot Spot : ce soir je rentre à Sacramento dans le « Unmetro », j’adore cette idée. Dernier voyage au sein de cette folle communauté, si spécifique, si chaleureuse qu’est l’équipe de Amy. Nous partons d’abord au festival pour y soutenir Verbatim qui passent donc juste après Rachel Brice. Ils sont plus que stressés. Le public va-t-il resté pour voir leur prestation ou va-t-il courir demander un autographe à « The Ar-bee » ? Avant toute chose, il faut manger : il est midi. Nous nous installons tous à l’ombre d’un arbre pour prendre un pique nique sur le pouce. Quelques amis viennent nous rejoindre et en particulier DJ Amar qui a assuré les 2 « After » et a créer un CD de mix spécial UNMATA (inutile de vous dire que j’en ai acheté un exemplaire). Il est d’origine indienne. Ensuite nous partons voir les spectacles. Aujourd’hui je serais mal installée pour filmer. Je suis arrivée trop tard. Tant pis, je serais au fond de la salle, debout sur une chaise (toujours à côté de ma poubelle et de ma prise électrique !) et je porterai la caméra à bout de bras. Inutile de dire que je ne vais pas filmer tous les spectacles. Mes muscles ont bien travaillé ces derniers temps mais pas suffisamment pour tenir 5h de show !

Quelques photos de danseuses magnifiquement maquillées et costumées, quelques films (entre autre BlackSheep Bellydance) et voici Rachel qui entre en scène. Evidemment elle est ovationnée. Son solo n’est pas très long. Pardonnez cette hérésie, mais j’avoue que je ne la filme pas et ne suis pas très captivée par son passage : après avoir vu tant de danseuses tout le week-end, dont une grande partie dans son style et de haut niveau également, je suis un peu lasse et espère voir quelque chose de différent. Elle quitte la scène et l’animatrice annonce Verbatim dirigée par Amy Sigil. Incroyable : personne ne bouge ! Je crois rêver, les petits jeunes doivent être soulagés et contents là-bas en bas des escaliers qui mènent à la scène. Rachel quitte la scène et vient s’asseoir au premier rang. Très honnêtement, leur énergie est unique et le public est aux anges. Lorsqu’à leur tour, ils quittent la scène, alors le public se lève et commence à déserter la salle. L’animatrice est obligé de les interpeller et de leur dire « Hey, restez, le spectacle n’est pas terminé, d’autres danses vont se produire ». Le croyez-vous ? Je suis très fière d’être l’amie de Amy, elle reçoit aujourd’hui le résultat de 12 années de travail : la reconnaissance et l’amour du public. Rachel a voulu rester voir leur prestation et nous a dit ensuite : « J’ai adoré, comment faites-vous tout ça ? Je suis incapable de bouger comme vous le faîtes, il va falloir que je vienne au studio ». Elle était sincèrement très admirative de leur prestation. Imaginez ces petits jeunes Verbatim, que demander de plus ?

Nous ne resterons pas très longtemps après leur passage. Nous raterons Kami Liddle, tant pis, je dois suivre la troupe. Nous avons 3h de route et la plupart des membres du groupe travaille demain. Grande embrassade avec Kajira, je serre dans mes bras mes colocataires qui repartiront demain vers le Brésil. L’émotion commence à monter en moi. La fin approche. J’ai du mal à la contenir.

Nous montons dans le Unmetro. Il y a : Amy, Raven, Kari, Shelly, April Rose, Sarah, Tenderine et Plum, et moi-même. Tenderine et Plum sont les deux filles de Amy. Elles ont 14 ans et 10 ans. Elles sont adorables et très faciles à vivre. Tenderine est une artiste. Sur la route elle se met à chanter. Sa voix est magnifique. Si mature, si grave ! Pour ne rien gâcher, elle écrit ses chansons. Plum est un garçon manqué, très drôle et énergique. Débriefing en direct des deux prestations : Unmatta et Verbatim. Amy est heureuse. Son équipe est fière. Tout le monde a conscience du succès qu’ils ont remporté.

Nous arrivons vers 18h au studio. Les « au-revoir » commencent. Aïe aïe aïe, l’émotion est palpable, je déteste ça, c’est trop dur. Et puis petit à petit tout le monde quitte le studio. Ce soir, je resterai avec April Rose. Elle ne repartira à Los Angeles que demain matin.

Je me couche un peu tard, je suis un peu fatiguée quand même.






  
                       
                                                        Unmata                                                                                                        Verbatim
                                                                 
                            Sarah - Kari - Amy Sigil- Shelly - April Rose                                               Julie - Rebecca - Lorenzo - Lindsey - Little April

                                        Unmata @ TF8 : Youtube                                                                            Verbatim @TF8 : Youtube

Romka - Bella - Rachel Brice - Mardi Love - Zoe - Samiah - Christina - Melodia - Ariellah - Kami Liddle - Colleena - Chuck - Kajira - Danielle
Marianne - Ana Lua - Kristine - Lorraine Hanson - Suzanne - Medina Maitreya
Lundi 19 mai 2008

La matinée est très occupée par la rédaction de ce journal. Je dois aussi récupérer les vidéos, les classer et les donner à Amy. Tout ça prend du temps. Puis vers 11h30, Amy et Raven arrivent. Ceci sera notre dernier déjeuné ensemble. Nous allons dans une « rotisserie française ». Au mur les posters sont en français mais le menu, lui, est toujours en anglais. Je laisse mes hôtes choisir pour moi. Cette fois ci c’est un truc un peu bizarre que je mange. Mais bon, il faut gouter à tout quand on voyage. Je n’en mange que la moitié cependant (ce sandwich est énorme) mais je mange toutes les frites (ici il laisse un peu la peau, c’est trop bon). Le serveur m’amène une boite pour que j’emmène l’autre moitié. Super ! Pense-je j’aurais de quoi manger ce soir. Oui, ben j’ai tellement pas l’habitude de ces « doggy bag » que j’ai oublié la moitié de mon sandwich au restaurant. Ce soir, je grignoterai ce que les « HotSpotters » auront bien voulu laisser dans le frigo du studio.

Amy et Raven sont adorables. En « day-off » toutes les deux, elles veulent me faire plaisir et me demande quels sont mes désirs : bowling, musée, shopping ??? Non, rien. Moi je veux rentrer au studio. Cet endroit est simplement magique. Il y a une énergie particulière. De mon séjour, c’est ce lieu que j’ai le plus aimé. Nous rentrons donc. A 18h, cours de yoga : on est lundi et puis ensuite Initiation ITS avec Kari. Leah, prof de yoga, me fait trop souffrir, un élève quitte d’ailleurs le cours pendant son déroulement. Ensuite, ITS basic, là c’est du bonheur ! Les bases, les bases et toujours et encore les bases.
20h les cours se terminent. Sarah et Kari (Unmatta) m’invitent ce soir au restaurant. Ca c’est une belle surprise. Nous irons dans un restaurant « espagnol » manger des tapas. Je mets « espagnol » entre parenthèse parce quand j’y entre et que je dis « Ola ! » à qui veut l’entendre personne ne me répond, je dois même dire que je sens comme un froid. Bon c’est pas grave, je vais plutôt dire « Hello » comme tout le monde. Les tapas sont excellente et figurez vous que ce soir on ne se refuse rien : on boira du Chablis à table.

Ce soir, je suis seule au studio. Mon avion part demain matin. Je me sens mal à l’aise dans ce lieu habituellement si vivant et habité. Ce n’est pas sa nature d’être silencieux et vide. Quelque chose cloche. Je tourne et vire, travaille sur les vidéos, le compte rendu, sort fumer des cigarettes, mange un bout… non, je ne veux pas me coucher, je ne veux pas que l’aventure se termine. Mais il faut être raisonnable, demain je dois me lever tôt et je n’ai pas de réveil, il est déjà 3h du matin ! Je trouve finalement le sommeil.


Mardi 21 mai 2008


J’arrive à me lever suffisamment tôt pour pouvoir faire un truc auquel je réfléchis depuis 2 semaines. Au milieu du studio il y a un pilonne (ce qui n’est pas très cool pour les cours de danse), ce dernier est peint par les différentes personnes qui sont passées ou qui sont toujours là. C’est une forme de signature indélébile. Amy nous a demandé de laisser la trace de notre passage à Saskia et moi-même. Saskia est peintre, mais moi qu’allais-je faire ? De toute façon, je n’ai plus le choix et je sais que ça lui tient à cœur. Alors, c’est fait, j’ai laissé ma signature sur le pilonne du Hot Spot Studio.
Et puis, c’est l’heure. Amy arrive et nous partons à l’aéroport. Dans la voiture, l’atmosphère est quelque peu pesante. Nous sommes tristes.


*** F I N ***
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